cycles/focus




5 COURTS MÉTRAGES DU GROUPE CINÉMATOGRAPHIQUE DES PATIENTS DE CERY

SEMAINE ASYMÉTRIQUE


Ces films ont été fabriqués à Lausanne, à l’hôpital psychiatrique de Cery. Les auteurs et autrices sont certains patient·e·s de l’hôpital, qui se sont réunis en collectif. Cette tentative a été menée entre 1959 et 1981, sous l’impulsion notamment du cinéaste vaudois Nag Ansorge, qui a accompagné ce processus de création. Ces films, ce sont des cadeaux, qui nous laissent avec cette merveilleuse sensation: que ce monde, notre monde, est infiniment plus grand, peuplé et riche que ce que la société nous fait voir.

CANTINE PAR JOAQUIM

SEMAINE ASYMÉTRIQUE


Dans le cadre de la semaine asymétrique à Genève, vaste programme organisé avec nos ami.x.e.s du Polygone Etoilé (cinéma international de quartier, Marseille) du 14 au 16 décembre, des cantines seront prévues à midi et le soir.

PRIX LIBRE!

SUR UNE PENTE AVANT LE SABLE de Zoé Damez

SEMAINE ASYMÉTRIQUE


En marchant sur une plage, je me suis dit qu’il fallait que j’aille voir à la source du sable. J’ai remonté l’eau pour parvenir jusqu’à la pierre. Je suis arrivée par le nord, par les gorges d’une rivière sombre, face à moi: une colline de granite.

WADI JHANNAM (LA VALLÉE DE L’ENFER) de Zoé Filloux

SEMAINE ASYMÉTRIQUE


Hicham habite à Beyrouth, il est botaniste. Dès qu’il peut, il s’en va travailler au nord du Liban, dans la Vallée de l’Enfer. Là bas, il recense les plantes dans l’espoir de les protéger. Avant de partir, en marchant, pendant les pauses, il me raconte son métier. Quand Hicham raconte les plantes, ses histoires entrent en résonance avec celles d’un pays en crise.

VAGUES À L’IMAGE de Noa Roquet, Quentin Despland, Christelle, Adoniz, Mike, Axelle Mutlu, Raphaël Dalmais, Franco

SEMAINE ASYMÉTRIQUE


Pendant une année, une cinéaste mène un atelier artistique à la fondation Trajets, entreprise sociale qui accompagne les personnes vivant avec des troubles psychiques à Genève. Notre projet donne naissance à des performances musicales: dans des décors que nous avons dessinés, nous tentons une formulation poétique de l’énigme que représente chacun d’entre nous. Les images prennent vie, les langues se délient et le groupe se soude. Nous tournons en studio, en extérieur et filmons également nos rencontres.

CANTINE PAR XAVIER

SEMAINE ASYMÉTRIQUE


Dans le cadre de la semaine asymétrique à Genève, vaste programme organisé avec nos ami.x.e.s du Polygone Etoilé (cinéma international de quartier, Marseille) du 14 au 16 décembre, des cantines seront prévues à midi et le soir.

PRIX LIBRE

IMPRESSIONS, les enfants du ditep l’essor Jean Paquevent avec Nathalie Hugues et Nicola Bergamashi

SEMAINE ASYMÉTRIQUE


Pendant deux ans, entre le début de l’automne et le début de l’hiver, nous avons rencontré des enfants. Nous avons habité une maison dans le parc, parmi les maisons où habitent les enfants. On leur a dit: «Les enfants, c’est possible de faire des films. Voilà la caméra et voilà le micro.» Et c’est ce qu’on a fait. Les enfants ont fait des films dans le parc, dans les maisons du parc et un peu au-delà du parc.

LE MONDE D’EN HAUT – NOTES POUR UN FILM SUR DAVOS de Raphaël Lefèvre et Maxence Vassilyevitch

SEMAINE ASYMÉTRIQUE


En mai et en septembre 2023, nous avons effectué autour d’un hôtel, ancien sanatorium ayant inspiré La Montagne magique de Thomas Mann, des repérages en vue d’un portrait kaléidoscopique de la ville de Davos, station alpine prisée des élites internationales où, des lieux de cure de la Belle Époque au Forum Économique Mondial en passant par la présence nazie, s’est noué un lien singulier avec la marche du monde.

PASSE-PAROLE de Mario Valero

SEMAINE ASYMÉTRIQUE


Chronique fragmentée d’une bande de copaines entre mars 2019 et l’été 2020, assemblant des archives documentaires personnelles et des séquences de fiction. Un fait divers lance le film : le 8 mars 2019, deux femmes sont retrouvées mortes dans le lac du Parc Montsouris. Au fil des mois, de bouche à oreille, cette histoire se transforme, la bande aussi.

PLEINE NUIT de Manon Coubia

SEMAINE ASYMÉTRIQUE


2022. Un matin, des gendarmes délimitent un périmètre de sécurité au bord d’un lac, devant le chalet familial où Louison est venue pour les vacances. Des armes de la seconde guerre ont été détectées par des plongeurs. La grand-mère de Louison serait impliquée. 1945. Rattachée au groupe Francs Tireurs et Partisans, elle a, avec d’autres de ses camarades, refusé de rendre les armes.

CANTINE PAR JONAS

SEMAINE ASYMÉTRIQUE


Dans le cadre de la semaine asymétrique à Genève, vaste programme organisé avec nos ami.x.e.s du Polygone Etoilé (cinéma international de quartier, Marseille) du 14 au 16 décembre, des cantines seront prévues à midi et le soir.

PRIX LIBRE

CANTINE PAR LUCIE

SEMAINE ASYMÉTRIQUE


Dans le cadre de la semaine asymétrique à Genève, vaste programme organisé avec nos ami.x.e.s du Polygone Etoilé (cinéma international de quartier, Marseille) du 14 au 16 décembre, des cantines seront prévues à midi et le soir.

PRIX LIBRE

MARINALEDA de Louis Séguin

SEMAINE ASYMÉTRIQUE


Juillet. Sastefanus et Kyrie font du stop sur les routes de Corrèze. Leur objectif: rejoindre Marinaleda, un village autogéré au cœur de l’Andalousie. Ils n’avancent pas beaucoup… jusqu’à ce que Lise les accueille dans sa voiture. Mais sont-ils vraiment de simples auto-stoppeurs?

QUE QUELQUE CHOSE VIENNE de Mathilde Girard

SEMAINE ASYMÉTRIQUE


À Paris, à l’heure du couvre-feu, on s’attarde et on s’empresse dans la rue, avant de rentrer chez soi. Le matin, une personne se réveille seule et écoute les messages qu’on lui laisse. La nuit, une femme raconte les symptômes d’une maladie étrange à un chauffeur de taxi. Les récits se déplient et se touchent, dans l’attente que quelque chose vienne.

L’AMINTE de Simon Gaillot et Yuna Alonzo

SEMAINE ASYMÉTRIQUE


Benjamin s’inquiète pour son troupeau depuis qu’Aminte, son apprenti, préfère rêver au pied des arbres. Aminte voudrait vivre en Arcadie où Silvie n’aimerait que lui. Même si ses amis Tirsis et Dafné tentent de l’aider, seul le dieu Amour le pourrait vraiment…

FLORILÈGES DE MONTAGES PUBLICS, Cyrielle Faure

SEMAINE ASYMÉTRIQUE


Une série de films montés lors des ateliers Montages publics, dans des centres sociaux de Marseille et dans un Groupe d’Entraide Mutuelle. Quels récits émergent quand les participant·e·s ont une monteuse sous la main pour assembler leurs images personnelles ?

L’ATELIER DE PEINDRE de Raphaëlle Paupert-Borne et Jean-François Neplaz

SEMAINE ASYMÉTRIQUE


L’enjeu, dans cet atelier du langage qu’est l’atelier du peintre, n’est pas de découvrir l’œuvre d’un artiste mais, le croisant, de construire avec lui (d’improviser donc) le langage de cet instant. Expérience de l’art contemporain autant que geste cinématographique affirmé, chaque rencontre existe par elle-même autant que dans cet ensemble mosaïque.

JOURNAL SYRIOTE de Théo Deliyannis

SEMAINE ASYMÉTRIQUE


Théo (Théo Deliyannis) effectue trois séjours consécutifs sur l’île de Syros, en Grèce, où une partie de sa famille a vécu. L’île lui est bien connue, mais tout s’y transforme, et il décide alors d’enregistrer sous forme de fragments les petites impressions de sa vie quotidienne, de ce qu’il y fait, voit, sent, et touche. De la météo aux chats qui l’attendent au bas de sa porte, de la roche qui s’effrite à la nourriture qui s’évacue, tout est soigneusement retranscrit. Peu à peu, Théo s’enfonce dans l’île…

CANTINE PAR AURORE

SEMAINE ASYMÉTRIQUE


Dans le cadre de la semaine asymétrique à Genève, vaste programme organisé avec nos ami.x.e.s du Polygone Etoilé (cinéma international de quartier, Marseille) du 14 au 16 décembre, des cantines seront prévues à midi et le soir. En guise d’ouverture, c’est Aurore aux fourneaux!

LES APATRIDES VOLONTAIRES de Aaron Sievers

SEMAINE ASYMÉTRIQUE


Naître allemand et vivre en France, être allemand et un enfant de la guerre froide et des lois d’exception sont et restent un endroit qui donne une lecture du monde, un regard déchiré… Comment décrire quand le passé a le poids des années de plomb? Quelle joie ressentir quand les proches n’ont pas participé aux idéologies du national-socialisme, par conviction, sans pourtant avoir choisi le maquis ou l’exil… ? Comment dire le soulagement de savoir que le grand-père docteur Sievers n’est pas le médecin Sievers qui a effectué des expériences sur les détenus des camps ? Un film comme un cheminement dans les méandres de ce qui est tu.

ENQUÊTE CRITIQUE: QUAND LA JUSTICE JUGE LA POLICE

BRASIER # 6: CARTE BLANCHE À ERIKA NIEVA CUNHA


Pour ma Xème carte blanche, j’ai décidé d’inviter le Collectif Enquête Critique pour une soirée autour des violences policières et de la notion de justice.

Enquête Critique est un réseau et une plateforme de recherche en sciences sociales autogérée, collective et autonome. Nous tentons de concevoir et diffuser des savoirs critiques dans une démarche d’émancipation collective. Nous cherchons à partager le plus largement possible et gratuitement des outils, des méthodes, des modèles et des pistes d’analyse critique. Nous désirons produire du savoir critique pour passer à l’action collective, et pour en finir avec toutes les dominations afin de créer d’autres formes de sociétés plus justes, libres et égalitaires. Nous invitons toute personne intéressée (peu importe si vous êtes formé·exs ou non à la recherche ou si vous étiez présent·exs ou non au procès) à nous rejoindre pour une réflexion collective autour de la notion de justice.

La soirée débutera par la projection d’un film documentaire, elle sera suivie d’une présentation de notre démarche d’enquête puis d’une discussion participative sur nos notes d’observation et sur le système judiciaire.

RENCONTRE-DISCUSSION AVEC RABAH AMEUR-ZAÏMECHE

6 FILMS DE RABAH AMEUR ZAÏMECHE


Pour terminer le cycle presque-rétrospectif autour de Rabah Ameur-Zaïmeche, nous aurons la joie de l’accueillir et de prendre le temps de discuter de son travail. Travail passionnant, recoupant, entre autres, un infini de questions politiques, sociales, religieuses qui traversent notre époque.

HISTOIRE DE JUDAS

6 FILMS DE RABAH AMEUR ZAÏMECHE


« Comme pour un voyage dans le temps, nous traiterons des situations en nous emparant de l’histoire et en bouleversant ses espaces. Notre cinéma oscillera entre la lumière et l’obscurité, la contemplation et l’action, le sentiment et la pensée, la mise en scène et le geste brut. Les évasions, les éclats de rire et de fureur, les chants et les prières nourriront notre narration, sans omettre dans la composition des scènes des moments différents qui n’appartiennent qu’à l’instant, qu’à l’élan. Le principe de cet élan spontané traversera l’histoire de Judas Iscariote comme une échappée liée au corps et au cœur, une louange adressée au mystère. »

LES CHANTS DE MANDRIN

6 FILMS DE RABAH AMEUR ZAÏMECHE


«J’ai découvert Mandrin à l’école primaire à Montfermeil [Seine-Saint-Denis, ndlr], à 9 ans, par la Complainte que nous a apprise notre instituteur, un vieux monsieur à lunettes qui portait encore la blouse. Il fallait la savoir par cœur comme nous apprenions les Fables de La Fontaine. Moi qui venais d’Algérie, je crois que c’est la première fois où, découvrant ce type qui se dresse contre les exploiteurs, j’ai eu envie d’être français. Et d’ailleurs, quand on a tourné en Aveyron, on a retrouvé ce côté farouche, rebelle et accueillant, qui correspond à une certaine identité française, sa meilleure part du moins.» Rabah Ameur-Zaïmeche

DERNIER MAQUIS

6 FILMS DE RABAH AMEUR ZAÏMECHE


Au fond d’une zone industrielle à l’agonie, Mao, un patron musulman, possède une entreprise de réparation de palettes et un garage de poids-lourds. Il décide d’ouvrir une mosquée et désigne sans aucune concertation l’imam…

BLED NUMBER ONE

6 FILMS DE RABAH AMEUR ZAÏMECHE


À peine sorti de prison, Kamel est expulsé vers son pays d’origine, l’Algérie. Cet exil forcé le contraint à observer avec lucidité un pays en pleine effervescence, tiraillé entre un désir de modernité et le poids de traditions ancestrales.

LE GANG DES BOIS DU TEMPLE

6 FILMS DE RABAH AMEUR ZAÏMECHE


« – C’est toujours le pétrole.
Après l’avoir vu, impossible de ne pas proposer LE GANG DES BOIS DU TEMPLE de RABAH AMEUR-ZAIMECHE au Spoutnik en ces temps d’apocalypse où toute forme de paix, et surtout de justice semble impossible. Impossible d’écrire ce mini-édito sans penser à la Palestine et à ce que vivent les gazaouis en ce moment-même. Palestine vaincra. Le dernier film de Rabah Ameur-Zaimeche n’est pas un film sur la libération de la Palestine mais c’est bel et bien un film sur l’amour, la fraternité, l’engagement, la fierté, la débrouille, la lutte des classes, la vengeance aussi. Eclairés par les lumières de la ville façon film néo-noir américain, la tragédie rejouée dans LE GANG est vieille comme le monde: les possédants contre les dépossédés. Et comme on avait déjà beaucoup aimé les autres films de RAZ on s’est dit qu’on allait (presque) tous les montrer.»

WESH WESH, QU’EST-CE QUI SE PASSE ?

6 FILMS DE RABAH AMEUR ZAÏMECHE


Cité des Bosquets, Seine Saint Denis. À travers le regard de Kamel de retour dans sa cité après avoir purgé une double peine (prison+expulsion), la vie d’un groupe de jeunes adultes confrontés à la décomposition sociale du quartier.

UN JOUR, PINA A DEMANDÉ

20 FILMS DE CHANTAL AKERMAN


Pendant cinq semaines, Chantal Akerman a suivi Pina Bausch et ses danseurs du Tanztheater Wuppertal à Venise, Milan, Avignon. Au travers de scènes extraites des spectacles, de séquences de répétition et de préparation, la réalisatrice a cherché à évoquer par l’image l’univers artistique et imaginaire de la chorégraphe allemande.

TOUTE UNE NUIT

20 FILMS DE CHANTAL AKERMAN


Une nuit. Une femme. ses chaussures à la main, se jette dans les bras d’un homme. Dans un café déserté, un homme, une femme, seuls. Ils se regardent, puis se lèvent. Frappés d’un coup de foudre, ils s’étreignent et dansent à corps perdus.

FILMS DU GROUPE CINÉMATOGRAPHIQUE DES PATIENTS DE CERY (1964-1981)

RENCONTRES CINÉMA(S) ET PSYCHIATRIE(S), CHAPITRE 6


En novembre, on rebranche le cycle cinéma(s) et psychiatrie(s). Sixième chapitre, rendu possible par la complicité de l’ami de Vincent De Roguin, qui nous a mis sur le chemin de ces films. Des choses, dont on n’avait jamais jamais jamais entendu parler. Des choses presque jamais montrées dans notre région alors qu’il s’agit de plus d’une dizaine de films fabriqués tout près, à Lausanne, dans l’hôpital psychiatrique de Cery. Les auteurs et autrices de ces films, ce sont certains patients de l’hôpital, qui se sont réunis en collectif (Groupe cinématographique des patients de Cery). Cette tentative a été menée entre 1959 et 1981, sous l’impulsion notamment du cinéaste vaudois Nag Ansorge, qui a accompagné ce processus de création. Ces films, ce sont des cadeaux, qui nous laissent avec cette merveilleuse sensation: que ce monde, notre monde, est infiniment plus grand, peuplé et riche que ce que la société nous fait voir.

Les Ambassadeurs de Naceur Ktari + Nar par l’agence

Un programme de Léa Morin


Poussé par la révolte, suite au meurtre raciste de Djelali Ben Ali (15 ans) en 1971 , le cinéaste tunisien Naceur Ktari (alors étudiant à Paris) va mener une longue enquête dans le quartier parisien de la Goutte d’or, auprès des travailleurs immigrés. De cette recherche documentée va naître le scénario de Les Ambassadeurs, qui suit les scènes du quotidien et les destins enchevêtrés de plusieurs habitant.e.s du quartier qui font face au racisme quotidien. Que ce soit à l’école, dans la rue, au chantier, au bistrot, dans les commerces ou dans les immeubles, les paroles, gestes et regards de l’indifférence font face à ceux de la solidarité et de la colère qui s’installe. Ktari voulait réaliser un film populaire d’incitation à la lutte. Ignoré par les jurys de Cannes sûrement « incommodés par la banalité meurtrière du petit racisme français » selon le critique Ignacio Ramonet, le film remporte le Tanit d’Or aux Journées Cinématographiques de Carthage (JCC 1976) et une mention spéciale à Locarno (1976) .

Séance précédée de Nar (Le Feu) 2023, 3 min , un clip d’une chanson du groupe Carte de Séjour (toujours d’actualité) en hommage à Rachid Taha & Mohammed Amini, réalisé par l’agence IM’média

Ya Franca, Ya Franca de Rabia Teguia + Konan i lé la source de Madeleine Beauséjour

Un programme de Léa Morin


A la fin des années 1970, en parallèle de son travail, Rabia Teguia étudie au département cinéma de l’Université libre de Vincennes, Paris 8. Elle y entreprend la réalisation de son unique film Ya Franca, Ya Franca, conçu comme une revendication personnelle et féministe, un manifeste sur pellicule.
« Un court-métrage, pour lequel il m’a fallu une année de travail acharné, à être la réalisatrice, la cuisinière, la porteuse de valise de matos, la « maman » de l’équipe technique. (…) La suite fut longue et difficile. A la rentrée, j’allais constater que les bulldozers n’avaient laissé aucune trace de cet « espace de liberté » de tous les exclus du savoir (qu’était l’Université de Vincennes) ». Le cinéma s’arrête ici pour elle, et les bobines de son film Ya França, Ya França ne sortiront plus de leurs boîtes, avant leur récente numérisation en 2022 par le Polygone Etoilé (Marseille).
*
Féministe, militante créole, artiste et monteuse, Madeleine Beausejour est à l’origine de la création en France du groupe politique Révolution Afrique (1969) engagé dans la formation des avants gardes révolutionnaires des pays d’Afrique. Elle avait monté une école de formations pour les activistes des foyers d’immigrés de Seine St Denis et a filmé les luttes des foyers pendant des années, mais ne put jamais finir son film. Les kms de pellicules ont disparu. Elle souhaitait également participer à un cinéma révolutionnaire africain. Elle travaille par la suite comme monteuse avec de nombreux cinéastes et ne réalise qu’un film Koman I Lé la source , quelques années avant son décès au début des années 1990. Ce film, conservé à la Cinémathèque de Toulouse, vient d’être numérisé.

Repas par Taki Djennane + LA ZERDA de Assia Djebar

un programme de Léa Morin


« Montage des premières images de l’Algérie conquise à partir d’archives, (le film) montre ce processus de dépossession après l’inouïe violence de la conquête, que certains avec raison appellent le projet génocidaire de la France en Algérie. Le peu qui reste des cultures traditionnelles, cérémonies, danses, chants de fête ou de mort, se sont figés dans un folklore de parades (…) Le film montre les ravages du regard de l’autre quand il est celui du colonisateur.
La colonisation a plongé le peuple algérien dans un silence sidéral que les bruits et la fureur répétés inlassablement de son histoire ne peuvent combler. Il était urgent d’ inventer nos images. Le cinéma, comme la littérature et la culture en général, avait un rôle majeur dans ce processus de réparation.» W.T.

Rencontre avec Wassyla Tamzali

un programme de Léa Morin


À Alger, dans les années 1970, Wassyla Tamzali et sa bande d’amis fréquentent quotidiennement la Cinémathèque algérienne, espace unique de débats et de cinéphilie au cœur d’Alger. Ils vibrent au rythme des cycles de films, des rencontres avec les cinéastes invités avec un engagement collectif pour un cinéma nouveau.
« C’est toujours avec inquiétude, passion (donc amour) que nous nous asseyons dans les salles obscures et attendons des réponses aux questions qu’à tous les instants nous nous posons dans la vie, dans nos rapports aux autres, dans la rue et dans les maisons, nos rapports aux institutions et à nous-mêmes. »
Dans son essai SAUVEGARDE (2023), nouvelle préface pour la ré-édition de son livre sur les cinémas algériens et tunisiens EN ATTENDANT OMAR GATLATO (1979), Wassyla Tamzali interroge la jeune femme qu’elle était dans les années 1970 à Alger, ses rêves de révolution, ses amitiés cinématographiques, ses projets inachevés. Elle y parle aussi du cinéma contemporain algérien, de Assia Djebar (« elle a la voix de Delphine Seyrig »), de Jocelyne Saab (« ce petit bout de femme » qui les a tant impressionné), de leurs voyages pour porter la bonne parole de la révolution algérienne et surtout de la Cinémathèque d’Alger (« la scène où nous écrivions le scénario de nos vies, les mettions en scène et les jouions. »), laboratoire de la culture post-indépendance.

GOLDEN EIGHTIES

18 films de Chantal Akerman


Dans une galerie marchande, entre le salon de coiffure de Lili, la boutique de prêt à porter de la famille Schwartz et le bistrot de Sylvie, les employés et les clients se croisent, se rencontrent et rêvent d’amours, amours compromis, épistolaires ou impossibles. Ils en parlent, le chantent et le dansent, ponctué par les chœurs des shampouineuses.

SUD

18 films de Chantal Akerman


Partant du lynchage d’un Noir par trois Blancs, “Sud” dépeint un Texas nostalgique de son passé esclavagiste. Dans une alternance de plans fixes et de longs travellings, Chantal Akerman va reconstituer l’horrible fait divers qui eut lieu en juin 1998 à Jasper. Un Noir a été enchaîné à un camion et traîné pendant plusieurs kilomètres sur une route, par trois jeunes Blancs. La victime était un musicien. Les criminels appartenaient à des groupes d’extrême droite.

DE L’AUTRE CÔTÉ

18 films de Chantal Akerman


C’est une histoire vieille comme le monde et pourtant chaque jour plus actuelle. Et chaque jour plus terrible. Il y a des pauvres qui, au mépris de leur vie, parfois doivent tout quitter pour tenter d’aller survivre, vivre ailleurs. Mais ailleurs on n’en veut pas. Et si on en veut, c’est pour leur force de travail. Travail dont soi-même on ne veut plus. Alors on est prêt à payer l’autre pour qu’il le fasse à sa place. À le payer, oui mais mal. Dans ce film–ci, l’ailleurs, c’est l’Amérique du Nord, et les pauvres sont pour la plupart des Mexicains. Ils sont passés pendant des années par San Diego mais le service d’immigration américain qui se sert des technologies les plus avancées pour les arrêter – technologies inventées pendant la guerre du Vietnam et pleinement utilisées pendant celle contre l’Irak – a réussi à arrêter le flux des illégaux dans cette partie de la Californie et à le déporter dans les régions désertiques et montagneuses de l’Arizona. Là, ils ont cru que les difficultés, les dangers, le froid et la chaleur les arrêteraient. On n’arrête pas quelqu’un qui a faim. Mais on en a peur. Peur de l’autre, peur de sa souillure, peur des maladies qu’il peut apporter avec lui. Peur d’être envahi. Mais on n’a pas peur de le tuer.

D’EST

18 films de Chantal Akerman


Chantal Akerman a fait un grand voyage à travers l’Europe de l’Est, la Russie, la Pologne, l’Ukraine filmant tout ce qui la touchait : des visages, des rues, des voitures, des bus, des gares, des paysages, des intérieurs, des queues, des portes, des fenêtres, des repas. Des hommes et des femmes, des jeunes et des vieux, qui passent ou qui s’arrêtent, assis ou debout. Des jours et des nuits, la pluie, la neige et le vent, l’hiver et le printemps.

JE, TU, IL, ELLE

18 films de Chantal Akerman


Lorsqu’elle tourne ce premier long métrage de fiction, largement autobiographique, Chantal Akerman a 24 ans. Le titre, Je, tu, il, elle scande les quatre temps du film.
Je: une jeune femme (Chantal Akerman), seule chez elle, déplace ses meubles, finit par les pousser contre les murs et par s’allonger par terre.
Tu: en mangeant du sucre à la petite cuillère, elle écrit des lettres. Les jours passent, les pages s’accumulent.
Il : après plusieurs semaines passées à déchirer et à recommencer ces lettres, elle sort le soir et rencontre un camionneur qui lui parle de lui, du désir, de son rapport aux femmes.
Elle : en pleine nuit, la jeune fille va chez une amie qui la repousse d’abord, puis partage avec elle son repas et son lit. Au petit matin, la jeune fille part sans un mot.
«Chaque fois que je revoie le film, l’image –la mienne –qu’il me renvoie me met mal à l’aise. Je n’ai pourtant apparemment plus rien de commun avec ce personnage hors du social, désespéré, et qui pourtant pose geste après geste, avec une sorte de décision secrète, un désespoir muet proche du hurlement».
Chantal Akerman

JEANNE DIELMAN, 23, QUAI DU COMMERCE, 1080 BRUXELLES

18 films de Chantal Akerman


“Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles, film d’une cinéaste de 25 ans sorti en 1975, ressort, restauré et digitalisé, cinquante ans après. Auréolé de plus, depuis quelques mois, d’un beau label piège, «meilleur film de tous les temps», établi par le classement décennal de Sight & Sound, revue de cinéma du British Film Institute. Magnifique hold-up, que les proprios du bon goût ont encore mal pris, comme à sa sortie, ne voulant irrévocablement rien entendre du film d’Akerman. Les pauvres, le film leur a volé Delphine Seyrig qui s’échappa, la star sphynx et fatale passée à l’ennemie, devenue radicalement insaisissable : la mère qui se prostitue pour survivre, la veuve en robe de chambre au petit matin, la femme de 40 ans qui se mure dans le silence, de son histoire, du passé des camps qui plane sur tout le film, ou «la ménagère de moins de 50 ans» dont chaque publicitaire a voulu exploiter le désœuvrement, désamorcer le scandale de «la vie matérielle», pour en faire son fonds de «commerce» et son cœur de cible. Seyrig et Akerman en face-à-face, composant à deux la figure hybride de Jeanne Dielman, sont un peu toutes les femmes réunies. Mais jamais plus, «la» femme. Il y a cette donnée irréductible de Jeanne Dielman, ce calme attentat, tenant à sa durée, à sa rupture avec les codes et les genres, à sa répétition, au détournement de sa vedette (aristocrate), et à sa geste féminine. La «chanson de gestes» qu’est littéralement Jeanne Dielman, outrage.”(Camille Nevers)

EVERYBODY’S PERFECT: JE, TU, IL, ELLE

18 films de Chantal Akerman


Il y a trois ans, on avait collaboré une première fois avec le festival Everybody’s Perfect, autour d’un film magnifique, Hide and Seek (1996) de la cinéaste expérimentale Su Friedrich. Cette année, le festival est revenu vers nous. Et cela a été l’occasion de poursuivre la recherche autour du cinéma expérimental et de ses rapports possibles avec des récits LGBTIQ+. On a découvert le travail de Coni Beeson, cinéaste américaine qui a composé une forme de célébration du désir lesbien dans ses courts-métrages en 16mm. Coni bricole au tout début des années 70 et est probablement l’une des premières à ouvrir une brèche quant à la représentation du couple féminin dans sa sexualité.
Plus au moins dans les mêmes années, en 1974 précisément, Chantal Akerman réalise Je, tu, il, elle. La cinéaste se met en scène dans une chambre, nue, cloîtrée et occupée à écrire et déchirer des lettres à une destinataire inconnue. Jusqu’à un corps à corps possible avec cette amante, son personnage traverse des situations tendues – notamment avec un homme – et cherche une place. En contraste avec l’allégresse des films de Coni Beeson, celui d’Akerman inscrit le désir et l’érotisme dans un¨parcours nécessairement tortueux et contrarié.

LA CAPTIVE ANNULÉE!

18 films de Chantal Akerman


⚠️Le Spoutnik rejoint l’appel à la grève générale mondiale en solidarité avec le peuple palestinien. ⚠️⚠️⚠️La projection de LA CAPTIVE, prévue ce soir à 20:30 est annulée. La salle et le bar sont néanmoins ouverts entre 20:00 et 21:00, occasion de faire un don pour une caisse de soutien à BDS.

Nous invitons également à se rendre à la projection organisée par l’association PALESTINE FILMER C’EST EXISTER à la maison de quartier de la jonction ce soir. @festival_pfce
Repas palestinien prévu à 19:00
Projection de LES FUGITIVES à 20:00

Enfin, il y a manif demain à 17:00 au parc des cropettes!

LES RENDEZ-VOUS D’ANNA

18 films de Chantal Akerman


“L’espace d’un quai de gare en Allemagne, dans Les Rendez-vous d’Anna, comme une autre cuisine de passage, où il n’y a, ni pain, ni soupe, avec l’amie de la mère qui n’arrête pas de raconter, elle, sa souffrance, sa vie, ses joies, ses peines. Avec ces annonces qui n’en finissent pas, oui, cela peut faire penser à d’autres gares, anciennes ou nouvelles, avec ou sans valise, avec ou sans paquet. Un long monologue psalmodié dans le froid. Anna ne dit rien, ou presque rien. Qu’y a-t-il à dire, devant une vie qui se déroule comme un lacet dont on ne voit pas le bout?” (Chantal Akerman)

L’HOMME À LA VALISE

18 films de Chantal Akerman


Elle avait prêté son appartement à des amis. Après deux mois d’absence, elle rentre chez elle pour écrire. Quelqu’un qu’elle n’attendait pas, un ami indirect, revient et s’installe. Le « journal » de ces quelques mois de cohabitation forcée où l’étranger deviendra bientôt l’ennemi invisible. Sur un mode qu’elle veut proche du burlesque, Chantal Akerman joue son propre rôle dans ce film où le travail sur le son (puisque c’est en se guidant aux bruits qu’elle essaie d’éviter les rencontres) est essentiel.

UN DIVAN À NEW YORK

18 films de Chantal Akerman


Un psychanalyste désabusé échange son appartement contre l’appartement d’une danseuse à Belleville.

HISTOIRES D’AMÉRIQUE

18 films de Chantal Akerman


« Au lieu de connaître mon histoire par une transmission directe de parents à enfant, il m’a fallu passer par la littérature et lire Isaac Bashevis Singer, par exemple. Mais cela ne suffisait pas. Ses souvenirs à lui ne pouvaient pas être tout à fait les miens. Alors d’un emprunt à l’autre, je me suis constitué des souvenirs imaginaires. Et ce film est un travail sur le souvenir, mais des souvenirs inventés. Il est fait de tant d’histoires, histoires restées en travers de la gorge des parents. Et pour rester dans ce qui me reste de tradition, je n’ai pu échapper aux histoires drôles qui se sont fichées là au milieu de tout et tout le temps. Ces histoires drôles parfois consolatrices et qui permettent de survivre à l’histoire par le rire, un rire qui prend source dans la détresse même. » (Chantal Akerman)

HOTEL MONTEREY + LE 15/8

18 films de Chantal Akerman


Film sans récit, Hôtel Monterey est constitué de la description fragmentaire et occasionnelle de cet hôtel pour pauvres et clochards, aujourd’hui disparu. Du hall au dernier étage en s’élevant au moyen de l’ascenseur. Plans fixes sur les couloirs, très lents travellings avant et arrière se focalisant sur les portes et les fenêtres…
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Le 15 août. Une Finlandaise de passage en France parle de son ennui.