L'internationale Straub et Huillet




CÉZANNE – DIALOGUE AVEC JOAQUIM GASQUET + LA VISITE AU LOUVRE

L'internationale Huillet-Straub


Jean-Marie Straub et Danièle Huillet reviennent sur les pas du peintre Paul Cézanne et questionnent ainsi l’acte de voir. Ils cherchent ici à faire entendre la voix du peintre, rapportée par Joachim Gasquet, poète et célèbre critique d’art provençal, dans son ouvrage Cézanne, publié en 1921. Tout commence par un aller à Aix en Provence, alors que se dessine au loin la montagne Sainte-Victoire. Divers matériaux sont convoqués, une photographie du peintre au travail, un long extrait du Madame Bovary de Jean Renoir, rappelant le spectre de La Vieille au chapelet, de Cézanne. Les tableaux du peintre se succèdent. « Les couleurs sont l’expression à la surface de la profondeur. Le dessin est lui toute abstraction. Je peins mes natures mortes pour mon cocher qui n’en veut pas. »

FORTINI CANI

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« Fortini/Cani est le troisième volet, après Moïse et Aaron et Einleitung, du triptyque “juif” de Huillet et Straub. Mais aussi et nécessairement, parce que dernier volet de ce triptyque juif, celui où viennent converger et se nouer autrement tous les fils tramant les essais antérieurs: le fascisme et le racisme, les racismes plutôt, les ségrégations dont se soutiennent les sociétés civilisées, les néo-fascismes à couverture démocratique, mais aussi, le livre et l’acte d’énonciation, la question du lieu et de la mémoire, le roman familial, la différence, l’histoire…»

Chronique d’Anna Magdalena Bach

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« On pourrait dire, concrètement, que nous voulions essayer de porter de la musique à l’écran, de montrer une fois de la musique aux gens qui vont au cinéma. Parallèlement à cet aspect, il y avait l’envie de montrer une histoire d’amour, telle qu’on n’en connaît pas encore. Une femme parle de son mari, qu’elle a aimé, jusqu’à sa mort. Là est d’abord l’histoire.

Amerika, rapports de classe

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Adapté du roman inachevé de Franz Kafka, L’Amérique, publié après la mort de l’écrivain, en 1927, le film narre la chute sociale inéluctable de Karl Rossmann, jeune adolescent allemand issu de la bourgeoisie. Contraint par ses parents à s’exiler aux États-Unis après avoir « fauté » avec la domestique, il côtoie toutes les classes sociales de l’Amérique des années 30 et cherche sa place dans une société rongé par l’individualisme du capitalisme naissant.

Trop tôt, trop tard

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Les Straub font une partie de campagne. En France puis en Égypte, ils captent des signes formels: toute révolution est un coup de vent. Encore faut-il savoir filmer le vent.
Serge Daney

Machorka-Muff + Non réconciliés ou seule la violence aide où la violence règne de Danièle Huillet et Jean-Marie Straub

Huillet et Straub antifas


Cette vieille dame est aussi le seul personnage qui ait l’intuition de la vérité que découvre (après avoir fait l’expérience de vertus plus traditionnellement chrétiennes) un personnage de Bertolt Brecht qui s’appelle Sainte Jeanne des Abattoirs: «Seule la violence aide où la violence règne »; c’est le second titre de notre film, et il ne s’agit pas seulement du coup de pistolet qui le conclut, mais de la violence d’une grève générale par exemple (absente du film comme de l’histoire allemande) qui en 1933 aurait pu empêcher le nazisme et sa conséquence, la Deuxième Guerre mondiale.»

Operai, contadini

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Savez-vous comment on fait la ricotta?

On met le fromage à égoutter, saupoudré de sel, dans quelque chose en osier où il prenne forme et sèche. La marmite est pleine de petit-lait restant. Le feu en dessous est seulement braise et on ne le laisse pas s’éteindre et on y jette des broussailles pour le faire flamber à nouveau. Cependant on ajoute au petit-lait du lait frais. On peut en ajouter peu et alors on aura quand la marmite bouillira une couche mince. Mais plus on en ajoute et plus sera haute la couche de ricotta qui ensuite se forme à la surface. Cela les bergers le font d’habitude, le matin. Nous au contraire nous le faisions à la brune, pour avoir le soir une bonne soupe chaude par-dessus la fatigue de tout le travail mais en commençant quand il y avait encore du soleil, étant donné que pour cuire avec des broussailles, il fallait le faire en plein air et non dans la cuisine.

De la nuée à la résistance

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Si autrefois il suffisait d’un feu pour faire pleuvoir, d’y brûler un vagabond pour sauver une récolte, combien de maison de patrons faut-il incendier, combien en tuer dans les rues et sur les places avant que le monde s’en retourne et que nous puissions dire notre mot?