MobyDick


dim. 10 nov. 2019   16H30

Réalisation
David Fernandez
Jordi Vera
Pays
Espagne
Année
2001
Langue
ST français
VO espagnol
Format
DCP
Durée
91'
Cycle

Les Rencontres Satellites au Spoutnik
LA CARTE AU TRÉSOR

dim. 10 nov. 2019, en présence de David Fernandez, Alexandre Koberidze et le collectif des rencontres satellites


Trois voleurs de ferraille installés dans une usine abandonnée. Un territoire de fabriques désertées. Des campements de gitans. Un flic. Des jambes cassées. La désintégration de la bande et le crépuscule de leur monde. Valdivia. MobyDick ou le Gros Pachuli ou José Mari. La mémoire anecdotique et photographique de tout ça pour construire une aventure, une comédie, un western, un documentaire.

David Fernandez et Jordi Vera sont deux figures très mystérieuses du cinéma espagnol. Il y a des rumeurs qui remettent en question leur existence. Antonio Trullen, membre de notre collectif, a découvert MobyDick par hasard dans une projection organisée dans un hôpital psychiatrique, par l’un des ferrailleurs du film. Après cette découverte, il a cherché à contacter les auteurs et il a réussi à retrouver l’un d’eux: David Fernandez, appelé aussi Diamantino.

Tourné en 2001, MobyDick appartient à ce moment charnière durant lequel l’arrivée du numérique permet à de nombreux cinéastes de se lancer dans la réalisation avec peu d’argent.
Comme le passage du muet au parlant, ces nouvelles conditions techniques ont rendu également possible une certaine dynamique expérimentale. En témoigne ce film punk, sans le sous, qui ne se soucie guère de sa rondeur, fabriqué surtout pour s’amuser avec le territoire et les puissances de la fiction, tout en gardant l’empreinte de l’Histoire d’une ville qui était destinée à l’oubli.
David Fernandez participera à la table ronde Repartir des origines.

spoutnik

LES RENCONTRES SATELLITES

Un cinéma en recherche ?

Il s’agit moins de poser la question « qu’est-ce que la recherche au cinéma ? » que de s’interroger sur les signes qui nous font percevoir, sentir, avoir l’intuition qu’une recherche est en cours dans un film, et de voir quelle place elle laisse au tâtonnement, à l’essai, à l’inquiétude.

Entraîné·e·s par ces questions, nous avons pris le temps d’en trouver l’empreinte chez des cinéastes du présent. Pendant deux ans, au fur et à mesure des propositions de chaque membre de notre collectif, s’est dessiné un réseau de films que nous désirons aujourd’hui montrer, à l’occasion d’un week-end de projections et de rencontres.

D’abord, il y a eu l’impression récurrente que chaque film cherche sa forme à l’intérieur même de son déroulement, nous partage une pensée, une écriture, des questions qui se déclinent à mesure qu’il défile sous nos yeux. Puis, le sentiment que chaque film ne conclut pas la pensée des réalisateur·rice·s, que la recherche est dynamique, susceptible d’évoluer dans des formes à venir. Enfin, et là se trouvent les raisons de penser que ces films sont résistants, chacun·e de ces cinéastes sont animé·e·s par une quête – souvent inquiète – soumise au monde avec des moyens modestes : téléphone portable, caméra DV, Bolex… De ces formes pauvres découle un entêtement créateur qui naît hors de toute attente, échappant aux lois prévisionnelles des subventions, des écoles et aux injonctions de l’industrie, en faisant de la recherche un principe souverain.

Le désir de cette programmation tient également à la forme que nous lui donnons. Chaque film sera éclairé non seulement par la présence des cinéastes ou d’interlocuteur·ices invité·e·s mais également par l’effort de confronter leurs films à une matière spécifique – textes, extraits de films, rushs inédits. Ainsi, chaque projection sera suivie d’une rencontre avec la·le cinéaste et le public, et parfois poussera plus loin l’expérience: des repas, une balade, une table-ronde, une fête. Ces trois jours sont une tentative, celle de remettre les films dans le monde. Nous vous invitons à investir le cinéma Spoutnik durant une séance, un ou trois jours et participer à une pensée qui ne se conclut jamais, et dont ces films sont les défricheurs.

– Le collectif des cinéastes (Maya Corboud, Sergio da Costa, Gabriel Gonzalez, Antonin Ivanidze, Maya Kosa, Nathan Lachavanne, Lucia Martinez, Alice Riva, Valeria Stucki, Antonio Trullen, Camille Vanoye).

Tarifs

1 séance : 5 chf (tarif unique)
Carte week-end : 20 chf
Gratuit pour les détenteur·rice·s de l’abonnement Spoutnik
-> Petite restauration sur place

Avec le soutien de la Loterie Romande, du Département de la culture et du sport de la Ville de Genève et du Centre d’Art Contemporain Genève.