Hallelujah the hills de Adolfas Mekas


jeu. 27 févr. 2020   20h30

Réalisation
Adolfas Mekas
Pays
États-Unis
Année
1963
Langue
ST français
VO anglais
Format
HD
Durée
1h22
Cycle

Cycle - la révolte des médiocres

Deux joyeux lurons aussi immatures que ludiques, abandonnés par la femme qu’ils aiment, revivent tour à tour dans la forêt du Vermont, leur rêve et leurs souvenirs. Dans ce film d’Adolfas Mekas, à cette époque particulièrement engagée dans le cinéma underground, le désir est le moteur de toutes actions, sans autre justification, sans autre conséquence que le moment vécu pour et par lui même. Un “wood movie” bricolé, amoureux de l’histoire du cinéma et de l’instant présent.

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Pour que les barrières tombent, pour que nous puissions être aussi parfaitement bons-à-rien que possible, nous devons constamment remélanger les cartes et faire de tout, être tous des bons-à-tout.
Robert Filliou

En 1967, Robert Filliou soutient que l’art moderne n’a rien produit de passionnant hors ce qu’il nomme “la révolte des médiocres”, expression d’un refus, celui d’être “culturellement colonisé par une race auto-désignée de spécialistes de la peinture, de la musique, de la sculpture, de la musique, etc…” Lui-même artiste, Filliou a consacré son existence dans la direction de cette médiocrité. Idiotie, inadaptation, imperfection, ennui, échec, malentendus, contradictions, accidents: il s’agit pour lui d’étendre l’expérience esthétique vers ces composantes de la vie. Cette recherche prend corps dans des oeuvres matérielles, des performances, des poèmes mais aussi sous la forme de films dont l’inspiration vient tout droit du registre du burlesque. Ainsi, ces one-minute scénarios, films courts et muets, gags pratiquements jamais tournés ou ce désir de tourner un film à partir d’histoires drôles du monde entier.

Cet esprit et ces films pour la plupart inaccessibles malheureusement, constituent le point de départ ce programme. Il s’agit de faire de Filliou un compagnon de route d’un réseau de films et performances à l’énergie burlesque que nous souhaitons tisser au Spoutnik à l’échelle d’un mois. Les manifestations comiques au cinéma sont nombreuses et diverses mais conduisent souvent dans l’imaginaire collectif aux mêmes figures: Chaplin, Keaton, Laurel et Hardi et d’autres forment en effet les jalons d’un certain cinéma populaire que nous ne souhaitons pas effacer mais plutôt d’en exposer les rapports avec d’autres formes, plus souterraines et expérimentales. Slapstick, sens de la catastrophe et du désordre, improvisations, jeux, ce spectre de valeurs et d’esthétique se retrouvent effectivement dans d’autres traditions, chez Fluxus, Pasolini, Vera Chytilova, dans le cinéma hongkongais et chez d’autres.

Séances sans film, séances surprises, sorties du mois perturbées par des court métrages. Ce mois des médiocres et de la tarte à la crème, s’annonce aussi comme un espace ouvert à de nouveaux types d’expériences dans une salle de cinéma.

Enfin, par le biais de ce montage de films, nous souhaitons partager l’idée que le gag n’est pas un but en soi, qu’il est avant tout initiatique. Un humour et une poésie sans capital, où la bienveillance et l’inadaptation renversent à chaque situation les rapports de force, fait péter la bourgeoisie et la mondanité.
Tom & Nathan





La révolte des médiocres

Pour que les barrières tombent, pour que nous puissions être aussi parfaitement bons-à-rien que possible, nous devons constamment remélanger les cartes et faire de tout, être tous des bons-à-tout.
Robert Filliou

 
En 1967, Robert Filliou soutient que l’art moderne n’a rien produit de passionnant hors ce qu’il nomme “la révolte des médiocres”, expression d’un refus, celui d’être “culturellement colonisé par une race auto-désignée de spécialistes de la peinture, de la musique, de la sculpture, de la musique, etc…” Lui-même artiste, Filliou a consacré son existence dans la direction de cette médiocrité. Idiotie, inadaptation, imperfection, ennui, échec, malentendus, contradictions, accidents: il s’agit pour lui d’étendre l’expérience esthétique vers ces composantes de la vie. Cette recherche prend corps dans des oeuvres matérielles, des performances, des poèmes mais aussi sous la forme de films dont l’inspiration vient tout droit du registre du burlesque. Ainsi, ces one-minute scénarios, films courts et muets, gags pratiquements jamais tournés ou ce désir de tourner un film à partir d’histoires drôles du monde entier.
 
Cet esprit et ces films pour la plupart inaccessibles malheureusement, constituent le point de départ ce programme. Il s’agit de faire de Filliou un compagnon de route d’un réseau de films et performances à l’énergie burlesque que nous souhaitons tisser au Spoutnik à l’échelle d’un mois. Les manifestations comiques au cinéma sont nombreuses et diverses mais conduisent souvent dans l’imaginaire collectif aux mêmes figures: Chaplin, Keaton, Laurel et Hardi et d’autres forment en effet les jalons d’un certain cinéma populaire que nous ne souhaitons pas effacer mais plutôt d’en exposer les rapports avec d’autres formes, plus souterraines et expérimentales. Slapstick, sens de la catastrophe et du désordre, improvisations, jeux, ce spectre de valeurs et d’esthétique se retrouvent effectivement dans d’autres traditions, chez Fluxus, Pasolini, Vera Chytilova, dans le cinéma hongkongais et chez d’autres.
 
Séances sans film, séances surprises, sorties du mois perturbées par des court métrages. Ce mois des médiocres et de la tarte à la crème, s’annonce aussi comme un espace ouvert à de nouveaux types d’expériences dans une salle de cinéma.

Enfin, par le biais de ce montage de films, nous souhaitons partager l’idée que le gag n’est pas un but en soi, qu’il est avant tout initiatique. Un humour et une poésie sans capital, où la bienveillance et l’inadaptation renversent à chaque situation les rapports de force, fait péter la bourgeoisie et la mondanité.
 
Tom & Nathan