La révolte des médiocres

Pour que les barrières tombent, pour que nous puissions être aussi parfaitement bons-à-rien que possible, nous devons constamment remélanger les cartes et faire de tout, être tous des bons-à-tout.
Robert Filliou

 
En 1967, Robert Filliou soutient que l’art moderne n’a rien produit de passionnant hors ce qu’il nomme “la révolte des médiocres”, expression d’un refus, celui d’être “culturellement colonisé par une race auto-désignée de spécialistes de la peinture, de la musique, de la sculpture, de la musique, etc…” Lui-même artiste, Filliou a consacré son existence dans la direction de cette médiocrité. Idiotie, inadaptation, imperfection, ennui, échec, malentendus, contradictions, accidents: il s’agit pour lui d’étendre l’expérience esthétique vers ces composantes de la vie. Cette recherche prend corps dans des oeuvres matérielles, des performances, des poèmes mais aussi sous la forme de films dont l’inspiration vient tout droit du registre du burlesque. Ainsi, ces one-minute scénarios, films courts et muets, gags pratiquements jamais tournés ou ce désir de tourner un film à partir d’histoires drôles du monde entier.
 
Cet esprit et ces films pour la plupart inaccessibles malheureusement, constituent le point de départ ce programme. Il s’agit de faire de Filliou un compagnon de route d’un réseau de films et performances à l’énergie burlesque que nous souhaitons tisser au Spoutnik à l’échelle d’un mois. Les manifestations comiques au cinéma sont nombreuses et diverses mais conduisent souvent dans l’imaginaire collectif aux mêmes figures: Chaplin, Keaton, Laurel et Hardi et d’autres forment en effet les jalons d’un certain cinéma populaire que nous ne souhaitons pas effacer mais plutôt d’en exposer les rapports avec d’autres formes, plus souterraines et expérimentales. Slapstick, sens de la catastrophe et du désordre, improvisations, jeux, ce spectre de valeurs et d’esthétique se retrouvent effectivement dans d’autres traditions, chez Fluxus, Pasolini, Vera Chytilova, dans le cinéma hongkongais et chez d’autres.
 
Séances sans film, séances surprises, sorties du mois perturbées par des court métrages. Ce mois des médiocres et de la tarte à la crème, s’annonce aussi comme un espace ouvert à de nouveaux types d’expériences dans une salle de cinéma.

Enfin, par le biais de ce montage de films, nous souhaitons partager l’idée que le gag n’est pas un but en soi, qu’il est avant tout initiatique. Un humour et une poésie sans capital, où la bienveillance et l’inadaptation renversent à chaque situation les rapports de force, fait péter la bourgeoisie et la mondanité.
 
Tom & Nathan




Films Super 8 de Roman Signer

Cycle - la révolte des médiocres


A l’époque, j’avais entendu à la radio qu’il allait neiger pendant la nuit. J’ai mis un frigidaire sur la terrasse, et je l’ai ouvert, et je l’ai branché sur le courant électrique. C’était en 1994. J’ai encore cette neige dans l’atelier. Elle s’est légèrement évaporée, je ne sais pas pourquoi.

Le moindre geste de Fernand Deligny

Cycle - la révolte des médiocres


Yves «l’idiot» est un prophète qui s’ignore, un mystique sans Dieu ni maître – jamais aussi grand que quand il insulte les pierres.

Les petites marguerites de Vera Chytilova

Cycle - la révolte des médiocres


Un film-collage drôle et nihiliste qui nous force à reconnaître que c’est ce que nous désirons: tout casser mais ce n’est pas grave.

Hallelujah the hills de Adolfas Mekas

Cycle - la révolte des médiocres


Dans ce film d’Adolfas Mekas, à cette époque particulièrement engagée dans le cinéma underground, le désir est le moteur de toutes actions, sans autre justification, sans autre conséquence que le moment vécu pour et par lui même. Un “wood movie” bricolé, amoureux de l’histoire du cinéma et de l’instant présent.

Braquer Poitiers de Claude Schmitz

Sortie


Présentation:
Wilfrid: Propriétaire excentrique d’un car wash.
Thomas et Francis: Pieds nickelés désireux de braquer le premier.
Hélène et Lucie: Jeunes filles du Sud venues rejoindre les deux derniers.

Autour de Robert Filliou – Concert de danse de Jony et Andrea

Cycle - la révolte des médiocres


Ils ont la musique et la danse en commun et plein d’autres choses, comme le fait d’aimer Robert Filliou. A l’occasion de l’ouverture de ce cycle consacré au burlesque, les deux sont invités à composer quelque chose avec Filliou, le cinéma et le public. On ne sait pas trop, mais d’un rien peut arriver beaucoup.

Les yeux privés des frères Houi

Cycle - la révolte des médiocres


A la suite du film, sortis des paniers vapeurs, des baozi maison, brioches farcies particulièrement populaires en Asie.