Saudade de Katsuya Tomita


mar. 3 mars 2020   20h00
sam. 7 mars 2020   20h00

Réalisation
Katsuya Tomita
Pays
Japon
Année
2011
Langue
ST français
VO japonais
Format
DCP
Durée
2h47
Cycle

Cycle - Katsuya Tomita, dans les marges

A Kôfu, dans la préfecture de Yamanashi, Seiji travaille sur des chantiers. Il sympathise avec Hosaka tout juste revenu de Thaïlande. Ensemble, ils passent leurs soirées dans les bars en compagnie de jeunes Thaïlandaises. Sur un chantier, ils rencontrent Takeru, membre du collectif hip-hop de la ville, Army Village. Touché par la crise économique, ce dernier chante son mal-être et sa rage contre la société. Lors d’une battle de rap, Takeru et son collectif affrontent un groupe de Brésiliens aux origines japonaises. Commence alors une “bataille des mots” sur fond identitaire.

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Communauté. Ce motif revient sans cesse à nous et se loge dans de nombreux films montrés ces dernières semaines. Il est encore question de cela dans l’œuvre du cinéaste japonais Katsuya Tomita, dont nous montrons les quatre premiers longs métrages. Chauffeur routier et ouvrier, Tomita tourne avec ses amis durant les week-ends et les quelques congés annuels qu’il obtient. En découlent des tournages-films-fleuves où le temps se déploie, fidèle à la vie. Tomita récolte les désirs de ses acteurs, change en continu le scénario, incorpore des événements récents dans le cadre. Caméra en main, il se balade sur les lieux de ses décors en amont du tournage, accumulant ainsi déjà de la matière. Le cinéma donc comme possibilité collective de prolonger le réel. Ses fictions-documentaires sont également hors limites tant elles embrassent larges les transformations et mouvements du Japon ou de la Thaïlande. Dans Above the Clouds (2003), tourné en 8mm, Chikén est rejoint par ses amis à sa sortie de prison mais goûte peu à sa liberté car une promesse qu’il avait faite, non-tenue, l’obsède. Dans Off Highway 20 (2007), la banalité du quotidien d’Hisachi entre les clubs de karaoké, les salles de pachinko et les centres commerciaux discount raconte un certain Japon rural. Saudade (2011) dépeint le visage mélancolique d’une mondialisation dans laquelle les damnés s’entre-déchirent. Bangkok Nites (2016), ce ne sont ni plus ni moins que trois heures de désordre amoureux et de rage silencieuse.





Katsuya Tomita - Dans les marges

Communauté. Ce motif revient sans cesse à nous et se loge dans de nombreux films montrés ces dernières semaines. Il est encore question de cela dans l’œuvre du cinéaste japonais Katsuya Tomita, dont nous montrons les quatre premiers longs métrages. Chauffeur routier et ouvrier, Tomita tourne avec ses amis durant les week-ends et les quelques congés annuels qu’il obtient. En découlent des tournages-films-fleuves où le temps se déploie, fidèle à la vie. Tomita récolte les désirs de ses acteurs, change en continu le scénario, incorpore des événements récents dans le cadre. Caméra en main, il se balade sur les lieux de ses décors en amont du tournage, accumulant ainsi déjà de la matière. Le cinéma donc comme possibilité collective de prolonger le réel. Ses fictions-documentaires sont également hors limites tant elles embrassent larges les transformations et mouvements du Japon ou de la Thaïlande. Dans Above the Clouds (2003), tourné en 8mm, Chikén est rejoint par ses amis à sa sortie de prison mais goûte peu à sa liberté car une promesse qu’il avait faite, non-tenue, l’obsède. Dans Off Highway 20 (2007), la banalité du quotidien d’Hisachi entre les clubs de karaoké, les salles de pachinko et les centres commerciaux discount raconte un certain Japon rural. Saudade (2011) dépeint le visage mélancolique d’une mondialisation dans laquelle les damnés s’entre-déchirent. Bangkok Nites (2016), ce ne sont ni plus ni moins que trois heures de désordre amoureux et de rage silencieuse.