Roboraisons, robopoïèses: les intelligences artificielles de la nature


Univers Parallèles
Conférence augmentée par André Ourednik
conférence suivie d’un brunch

L’«intelligence artificielle» existe comme domaine de recherche depuis la fin des années 1950. Aujourd’hui, son questionnement se focalise sur l’apprentissage automatique (machine learning). Par cet apprentissage, un programme « évolue » et devient capable de prendre des décisions de plus en plus correctes au vu d’un objectif défini à l’avance. Mais une telle intelligence ne crée rien: elle nous oriente dans un système de pensée établi qu’elle contribue à figer.

Dans cette conférence augmentée, combinant la lecture d’André Ourednik et une suite traversées réflexives d’espaces sonores générés par Daniel Maszkowicz, cette focalisation du champ de l’intelligence artificielle sur l’apprentissage automatique est remise en question à plusieurs titres. D’abord en considérant l’artificialité fondamentale de toute forme de pensée collective, en commençant par le langage lui-même. En élargissant ainsi la perspective, la parole, comme tout système symbolique matérialisé, apparaît comme une construction artificielle permettant de médiatiser le rapport au non-maîtrisable, à l’innommable, à l’insaisissable, en d’autres mots: le rapport à la nature. Une autre histoire peut dès lors être contée, passant par les tablettes de loi de la ville d’Ur et par l’automate de Babbage. Dans ce récit n’apparaît pas une, mais plusieurs intelligences artificielles qui s’inspirent ou se confrontent. Dans le dernier chapitre, nous revenons sur l’apprentissage automatique et à ses possibilités d’émancipation et de capacité de devenir une intelligence créative. Peut-on imaginer une intelligence artificielle redevenue intelligence naturelle? Quelles seraient ses conséquences? Et en quoi une telle intelligence peut-elle nous aider dans nos difficiles relations contemporaines avec la nature?

Né en 1978 à Prague, André Ourednik passe son enfance entre la Tchécoslovaquie, la Suisse et le Canada. Il travaille comme main d’œuvre dans un musée d’art contemporain à Zurich avant d’étudier la philosophie, la géographie et l’informatique à l’Université de Lausanne (master) et la géographie à l’EPFL (doctorat). Il crée des modèles d’espacestemps humains sous formes de cartes, de logiciels et de récits. Il est auteur d’essais, de nouvelles, de poésies, de créations numériques et d’installations interactives dans les espaces urbains. Il a publié notamment les Contes Suisses (nouvelles, Encre Fraîche, 2013), le Wikitractatus (un poème hypertextuel, Hélice Hélas, 2014), Les cartes du boyard Kraïenski (roman, La Baconnière, 2015) et la traduction française du poème culte Thanathea d’Ivan Diviš (1963). Son roman, Omniscience (La Baconnière, 2017) dresse une satyre métaphysique de la civilisation des données. En 2019, il a publié Atomik submarine en collaboration avec l’artiste François Burland aux éditions art&fiction et Hypertopie, un essai, aux éditions la Baconnière.





Univers Parallèles

À l’instar de ces formes en spirale que l’on retrouve tant dans le monde microscopique que cosmologique, une multitude d’univers semblent cohabiter dans notre réalité sans que l’humain en aie forcément conscience. Sans pour autant vouloir approfondir des théories physiques complexes qui touchent la mécanique quantique ou autres multivers, ce programme souhaite apporter une ouverture de conscience sur quelques-uns de ces mondes parallèles qui existent, même si invisibles ou virtuels. Avec plusieurs approches, qu’elles soient physiques ou sociologiques, musicales ou corporelles, scientifiques ou oniriques, nos invité·e·s discuteront de plusieurs thématiques touchant les relations humaines et transhumaines via plusieurs oeuvres cinématographiques, performances, une conférence augmentée et un workshop.