5-6. Le film comme instrument – séance de courts métrages


ven. 6 déc. 1991   19h00
ven. 6 déc. 1991   19h00

Réalisation
Carl Brown
Vincent Grenier
Mike Hoolboom
Susan Oxtoby
Michael Snow
Pays
Canada
Année
1969
1979
1987
1988
1990
Format
16mm
Durée
128'
Cycle


La part du visuel - films expérimentaux canadiens récents

Al RAZUTIS
Lumière’s Train (arriving at the station) (1979), 9min

Vincent GRENIER
Time’s Wake (once removed) (1987), 14min

Mike HOOLBOOM
Bomen (1989), 3min

Michael SNOW
See you later/Au revoir (1990), 18min

Susan OXTOBY
Ail Flesh is Grass (1988), 20 min

Carl BROWN,
Condensation of Sensation (1987), 73min





La part du visuel - films expérimentaux canadiens récents

L’origine de cette manifestation itinérante vient du fait, qu’en dehors du travail des cinéastes consacrés, seulement quelques films expérimentaux canadiens ont été déjà programmés en France. Une invitation à l’International Experimental Film Congress, colloque qui s’est tenu à Toronto du 28 mai au 4 juin 1989, permit de sélectionner des films pour une programmation itinérante devant circuler en France et dans quelques pays avoisinants. Plusieurs critères furent retenus comme fondement de la sélection des films. En premier lieu, étant donné que rares sont les films expérimentaux qui disposent d’une version étrangère, il fut décidé, afin d’éviter des problèmes de cet ordre, de se concentrer sur des oeuvres dans lesquelles l’aspect visuel était mis. en avant. Cela écartait de la sélection beaucoup de films pour lesquels une connaissance de l’anglais aurait été nécessaire. Ceci éliminait par la même occasion bon nombre de films faits par des femmes. Non seulement, comme le souligne Barbara Sternberg dans l’un de ses articles, il y a moins de femmes que d’hommes qui font des films expérimentaux, mais aussi, parmi ces rares femmes-cinéastes, nombreuses sont celles qui choisissent de travailler avec le dialogue, si bien que, quand on vient à les montrer dans d’autres pays, leurs films deviennent encore moins accessibles. Ce choix permit bien d’inclure quelques films qui, tout en accomplissant un travail intéressant sur le plan visuel, utilisent aussi, soit la langue française, tel que Le Voyage d’Al Razutis, soit associent un dialogue français et anglais, et ce, pariais même, dans une môme phrase, tel que Le Jardin (du Paradis) de Rapi-inei Bendahan.

Le second souci de cette sélection fut de donner accès à des oeuvres «inédites». Ainsi, presque sans exception, les films choisis n’ont pas été déjà programmés en France et même, souvent, en Europe. Ceci explique que le travail de cinéastes connus ne soit que modestement représenté par des films ayant été rarement vus en Europe. Ce critère contribua aussi à éliminer quelques cinéastes qui, bien que moins connus, avaient derrière eux un ensemble appréciable d’oeuvres, pour la simple raison qu’ils venaient d’être programmés par plusieurs festivals européens ou avaient eu une rétrospective de leur travail en France. Ce fut le cas pour des cinéastes tels que Richard Kerr, Philip Hoffman et Rick Hanc. En troisième lieu, étant donné qu’au cours des dernières décennies, les cinéastes expérimentaux canadiens ont produit un corpus d’oeuvres riches et variées, une série de huit programmes ne pouvait prétendre à elle seule présenter une perspective historique exhaustive du film expérimental canadien. Ce faisant, en sélectionnant principalement des oeuvres récentes, le choix voulait favoriser une discussion quant aux questions qui concernent l’état de la pratique telles qu’elles se posent aujourd’hui. Etant donné les lieux qui allaient recevoir cette manifestation, ce parti pris fut retenu en pensant également aux types d’oeuvres susceptibles d’intéresser autant les cinéastes français qu’une audience moins spécialisée.

Ce choix se rétrécit encore par la sélection de l’aspect visuel comme intérêt particulier. En visionnant les films, quelques-uns semblaient présenter des caractéristiques communes si bien qu’il parut utile de les regrouper en catégories approximatives afin de pouvoir mieux les étudier. Il n’était pas question de cantonner par là les films à une étiquette, les réduisant à un thème ou à un travail spécifique, mais par les concepts de chaque programme, d’attirer l’attention sur un ensemble de points actuellement que les cinéastes canadiens abordent. Ainsi, «Exploration visuelle du Canada», par exemple, inclut des films qui, tout en présentant des aspects de la vie du Canada, en parlant de façon métaphorique, embarquent le spectateur dans un périple autant perceptif que géographique. «De l’abstraction visuelle comme champ d’expérience» regroupe des films qui se réfèrent encore plus étroitement à un point de vue personnel sur la réalité. Ils passent par le canal de différents moyens pour abstraire les images de ce qui est filmé en isolant ou en se concentrant sur certains aspects du matériau ou de la procédure filmique, ou en adoptant une façon spécifique de traiter le sujet. Le programme présenté sous le titre «L’expression d’un monde personnel» comprend des films dans lesquels l’attention s’oriente de diverses manières vers la relation établie entre les objets filmés et la manière dont ils sont présentés. Enfin, les films composant le programme «Le film comme instrument» tendent à rendre manifestes leurs stratégies pour étendre les possibilités de l’aspect visuel du cinéma. C’est aussi le cas pour les trois films plus longs de Cari Brown, Jack Chambers et Michael Snow. Aucune vidéo n’a été incluse dans cette série de’ programmes. Alors que des procédures vidéographiques furent utilisées dans la fabrication de quelques-uns des films sélectionnés, les oeuvres en question furent originellement destinées à être projetées en tant que films et non comme des bandes d’art-vidéo.
Rose Lowder

Lien du programme