SAAB – Tryptique Beyrouth en guerre


ven. 17 mai 2024   19:00
Réalisation

Pays
Liban
Année
1976
1978
Langue
ST français
VO arabe
VO français
Cycle

Séance présentée par l’Association Jocelyne Saab

Les enfants de la guerre
France – 1976 – 10’ – VOstFR

Quelques jours après le massacre de la Quarantaine, dans un bidonville à majorité musulmane de Beyrouth, Jocelyne Saab suit et rencontre les enfantxes rescapéxes, marquéxes par les visions horribles des combats qui se sont déroulés sous leurs yeux. En leur offrant des crayons pour dessiner et en les engageant à jouer sous l’œil de sa caméra, la réalisatrice se retrouve face à un constat amer : ielx ne connaissent plus d’autre jeu que celui de la guerre, qui, rapidement, deviendra pour elleux aussi un métier.

« C’était en 1976. Le massacre s’est déroulé à Beyrouth dans le quartier de la quarantaine. Les combattants ont bu le champagne sur les cadavres. Ils parlaient de la « dératisation » de ce bidonville à la périphérie de Beyrouth. Quelle langue choisir pour parler à des enfants alors qu’ils viennent d’échapper à un massacre ? Comment les approcher sans en faire des bêtes de cirque ? Mais aussi, comment établir une complicité avec ces enfants libanais et palestiniens meurtris ? Comment leur tendre la main de l’espoir ? » Jocelyne Saab

Beyrouth, jamais plus
Liban- 1976 – 35’ – VOstFR

En 1976, la ville de Beyrouth connaît le début de son calvaire. Avec les yeux de son enfance, la réalisatrice suit six mois durant, au jour le jour, la dégradation des murs. Tous les matins, entre six et dix heures du matin, elle arpente Beyrouth à l’heure où les milicienxes des deux bords se reposent de leurs nuits de combats.

« À partir du moment où j’ai décidé de rester à Beyrouth, de témoigner de tout ce qui s’y passait, ma manière de filmer a changé. Je prenais ma caméra et je prenais des images quand je sentais l’écho de ce grand jardin qui disparaissait… C’est pour cela que j’aime particulièrement Beyrouth, jamais plus: je filme les murs, les rues, les endroits qui me sont familiers avec amour et douleur, douleur de voir que tout ce que j’ai aimé est en train de disparaître, mais animée par la volonté et la nécessité d’en préserver une mémoire.
Avec Beyrouth, jamais plus, j’ai fait éclater les règles du montage, en travaillant avec mon monteur Philippe Gosselet comme pour une partition à quatre mains. J’ai confié le texte à Etel Adnan, la grande poétesse libanaise qui a écrit le texte qui est, selon moi, le texte le plus juste qui ait été écrit sur l’engagement, pour soi, pas pour les autres, et c’est très important de l’assumer afin de ne jamais se trahir. Je revendique tout ce que j’ai fait dans ma vie, parce que je l’ai fait librement. “ Jocelyne Saab

Lettres de Beyrouth
Liban – 1978 – 52’ – VOstFR

Trois ans après le début de la guerre civile, la réalisatrice revient dans sa ville pour quelques mois. À cheval entre un pays en guerre et un pays en paix, elle éprouve du mal à se réadapter à la vie. Remettant en marche un bus, alors que les transports en commun ne fonctionnent plus, elle provoque un sursaut de normalité dans la ville en guerre : des personnes montent dans le bus, où elles voient un espace de sécurité.