La buissonière + Alleluia! + L’âge d’or


dim. 29 nov. 2020   17h00

Réalisation
Jean-Baptiste Alazard
Pays
France
Année
2013
2016
2020
Langue
VO français
Durée
187'
Cycle

La tierce des paumés en entier!

dim. 29 nov. 2020, ANNULÉ!


Ce soir, la tierce se déroule d’une traite. Entre les films, 10 minutes de pause!

LA BUISSONNIÈRE, Jean-Baptiste Alazard, France, 2013, 59’

Un pilote et un copilote errent sur des routes perdues en quête d’absolu.

ALLÉLUIA !, Jean-Baptiste Alazard, France, 2016, 60’

Il y a un vieux qui nous regarde, là-haut, depuis les montagnes…
On dirait qu’il vit comme avant alors qu’en fait il vit comme après.

L’AGE D’OR, Jean-Baptiste Alazard, France, 2020, 68’

Titou va avoir quarante ans. Il vit perché dans une bergerie sous les falaises des Corbières à mi-chemin entre la terre et le ciel, entre les cultures viticoles intensives et les parcs éoliens, sans eau courante ni électricité. Avec Soledad, qui habite dans une caravane un peu plus loin, ils fabriquent leur vin, composent leur musique et vivent leur amour au rythme des saisons comme on cultiverait à la lettre la résistance.





La tierce des paumés de Jean-Baptiste Alazard

Par le cinéma, avoir la possibilité d’habiter un jour le monde. Précision : le monde n’est pas, ne sera jamais la société, dont on n’a à attendre que des choses horribles.
Serge Daney

 
La tierce des paumés, soit une trilogie de Jean-Baptiste Alazard. Les paumés en question: Dans La Buissonnière, le pilote et le copilote imaginent autrement la vie de saisonnier; dans Alléluia !, le cinéaste Diourka Medveczky nous regarde du haut de sa cabane; Dans L’âge d’or, Titou et Soledad cultivent le vin au fil des saisons. Ce beau monde a fait rupture avec le temps de la consommation pour se livrer ailleurs et autrement à la vie. Les paumés qui peuplent le cinéma d’Alazard sont en réalité des figures créatrices qui composent avec le vent, la terre et le ciel et inventent un temps nouveau. Les films prennent le soin de se mettre à niveau des quêtes poursuivies par ses personnages. Dès lors, la caméra se voit contaminée par les croyances auxquelles aspirent ces paumés. Au même titre que les gestes de ces êtres sont emprunt de foi, les films le sont tout autant dans l’enregistrement de ces actions. Deleuze caractérise certains protagonistes du cinéma d’Herzog d’infirmes, dont le rapport de tact avec le monde fait monter les puissances de la terre et finit par concerner le très grand. Les compagnons du cinéaste peuvent être assimilés à cette image selon laquelle «tout le sublime se retrouve du côté du petit». À l’heure où le désir autonome s’exprime dans les ZAD et connaît un regain d’actualité littéraire et cinématographique, le projet d’Alazard, sans s’emparer directement de la question, envisage pourtant une voie politique dans sa direction. Parmi tout ce qui foisonne dans ses films, l’affirmation que l’autonomie pourrait être ramenée au sacré – dans la reconnaissance des êtres et des choses – nous apparaît comme une précieuse ébauche pour nos lendemains.