Je voulais prendre des nouvelles d’Athènes


dim. 10 nov. 2019   20H30
Réalisation
Daphné Hérétakis
Pays
France
Grèce
Langue
ST français
VO grec
Format
DCP
Cycle

Les Rencontres Satellites au Spoutnik

dim. 10 nov. 2019, en présence de Daphné Hérétakis


On me torture. Le sang coule, il demande sa revanche… Assassins ! Si on veut se réveiller on se réveille ! Le mythe de la révolution. Quand on n’a pas de futur que se passe-t-il ? Comment est-ce arrivé ? Ce monde terreur… ça fait mal parce que personne ne veut être un moins que rien… Pourquoi ne m’en vais je pas ? Que fait Daphné ? Elle voyage ! Et nous ?
– Paroles recueillies dans Ici Rien et Archipels, granites dénudés

Ici Rien (2011, 29′)
Archipels, granites dénudés (2014, 25′)

Que faire face à la situation économique et politique désastreuse de la Grèce? Quelles possibilités s’offrent à nous pour comprendre, résister et changer ce monde de terreur dans lequel nous sommes?

Depuis 10 ans, Daphné Hérétakis confronte ces questions à sa pratique du cinéma. Les gestes et les moyens qu’elle mobilise sont simples et concrets ; parcourir avec tendresse les rues d’Athènes, caméra à l’épaule et approcher les autres: Que changeriez-vous dans votre vie ? Qu’est ce que vous attendez avec joie ? Vous êtes amoureux ?

Comme si poser des questions simples, essentielles conduisait nécessairement au politique. Comme si parler de la lutte impliquait avant tout d’embrasser l’inertie, les doutes, la médiocrité et les contradictions. Se dessine alors une cartographie de paroles et de corps inquiets, ceux de la cinéaste et des autres, qui dans le simple fait d’être dits et portés à l’écran transforment l’accablement en une possible résistance.

Daphné Hérétakis présentera sa recherche en cours. À partir de rushs actuels, nous verrons comment ses films trouvent leur forme face aux nécessités du présent. Une forme qui se meut d’un film à l’autre avec à chaque fois de nouvelles tentatives réflexives et formelles.

LES RENCONTRES SATELLITES

Un cinéma en recherche ?

Il s’agit moins de poser la question « qu’est-ce que la recherche au cinéma ? » que de s’interroger sur les signes qui nous font percevoir, sentir, avoir l’intuition qu’une recherche est en cours dans un film, et de voir quelle place elle laisse au tâtonnement, à l’essai, à l’inquiétude.

Entraîné·e·s par ces questions, nous avons pris le temps d’en trouver l’empreinte chez des cinéastes du présent. Pendant deux ans, au fur et à mesure des propositions de chaque membre de notre collectif, s’est dessiné un réseau de films que nous désirons aujourd’hui montrer, à l’occasion d’un week-end de projections et de rencontres.

D’abord, il y a eu l’impression récurrente que chaque film cherche sa forme à l’intérieur même de son déroulement, nous partage une pensée, une écriture, des questions qui se déclinent à mesure qu’il défile sous nos yeux. Puis, le sentiment que chaque film ne conclut pas la pensée des réalisateur·rice·s, que la recherche est dynamique, susceptible d’évoluer dans des formes à venir. Enfin, et là se trouvent les raisons de penser que ces films sont résistants, chacun·e de ces cinéastes sont animé·e·s par une quête – souvent inquiète – soumise au monde avec des moyens modestes : téléphone portable, caméra DV, Bolex… De ces formes pauvres découle un entêtement créateur qui naît hors de toute attente, échappant aux lois prévisionnelles des subventions, des écoles et aux injonctions de l’industrie, en faisant de la recherche un principe souverain.

Le désir de cette programmation tient également à la forme que nous lui donnons. Chaque film sera éclairé non seulement par la présence des cinéastes ou d’interlocuteur·ices invité·e·s mais également par l’effort de confronter leurs films à une matière spécifique – textes, extraits de films, rushs inédits. Ainsi, chaque projection sera suivie d’une rencontre avec la·le cinéaste et le public, et parfois poussera plus loin l’expérience: des repas, une balade, une table-ronde, une fête. Ces trois jours sont une tentative, celle de remettre les films dans le monde. Nous vous invitons à investir le cinéma Spoutnik durant une séance, un ou trois jours et participer à une pensée qui ne se conclut jamais, et dont ces films sont les défricheurs.

– Le collectif des cinéastes (Maya Corboud, Sergio da Costa, Gabriel Gonzalez, Antonin Ivanidze, Maya Kosa, Nathan Lachavanne, Lucia Martinez, Alice Riva, Valeria Stucki, Antonio Trullen, Camille Vanoye).

Tarifs

1 séance : 5 chf (tarif unique)
Carte week-end : 20 chf
Gratuit pour les détenteur·rice·s de l’abonnement Spoutnik
-> Petite restauration sur place

Avec le soutien de la Loterie Romande, du Département de la culture et du sport de la Ville de Genève et du Centre d’Art Contemporain Genève.