Histoire de la révolution – Trois contes de Borges de Maxime Martinot


mer. 19 févr. 2020   20h30

Réalisation
Maxime Martinot
Pays
France
Année
2015
2019
Langue
VO français
Durée
1h47
Cycle

Cycle - Bataille infinie

mer. 19 févr. 2020, en présence de Maxime Martinot


HISTOIRE DE LA REVOLUTION
Maxime Martinot, France, 2019, 30’, vo français

Histoire de la révolution. Titre ironique pour un film essai qui explore la polysémie et la réversibilité du mot révolution : les images qui en découlent, les paroles qui dialectisent ou annulent son potentiel, dans un mouvement a-historique se déplaçant sur la carte des luttes, leurs deuils, leurs gloires, leurs traces, imbriquées dans le temps présent.

TROIS CONTES DE BORGES
Maxime Martinot, France, 2015, 1h17, vo français

Il me dit que son livre s’appelait le livre de sable, car ni le livre, ni le sable, n’ont de début ni de fin
Jorge Luis Borges

Les Trois contes de Borges adaptent, dans leur langue originale, trois textes du célèbre écrivain argentin Jorge Luis Borges: El otro, El disco et El libro de arena. Trois récits fantastiques où se monnaient les objets de l’éternité qui, à portée de main, mettent en péril nos rapports au temps, à l’image, au langage.

Maxime Martinot part d’une interrogation: quel est l’effort de transcription de l’espagnol au français? Quel rapport y a-t-il entre l’original et le transcrit, si l’écrit original est déjà en soi une transcription altérée de quelque chose? Une série de réflexion qui questionnent aussi le sens de l’adaptation d’une oeuvre au cinéma. Pour son film, Maxime Martinot s’inspire de de Manoel de Oliveira, qui se proposait de « filmer un texte comme un paysage » et adapte librement ces trois contes. Elles ont été écrites en 1975, peu après que Borges devient complètement aveugle. Le cinéaste écrit: “Quand il parle de sa cécité, Borges ne voit pas cela comme une malédiction, il parle de don. Je vois là un lien très fertile avec le cinéma. L’image n’est pas une résultante de la capacité de voir, c’est quelque chose de plus profond, de plus archaïque. Et cela à voir avec la parole, ou plus précisément avec ce qui fait, musique dans la parole. Le film propose une réflexion sur la parole poétique depuis la cécité de Borges. La structure en trois parties est construite sur une progression du visible vers l’invisible, du jour vers la nuit, d’un certain réalisme vers la rêverie.”

Cycle – Bataille infinie

… et puis, ils seront tous massacrés d’ailleurs, c’est le sort des esclaves de l’Antiquité, tous massacrés, et ensuite Spartacus tiens, en 70 avant JC, une grande révolte, des milliers, des pâtres siciliens, des pâtres de campani tous ensemble, ensemble ils marchent sur Rome, et c’est Pompée, et ses légions, Pompée, qui a été aidé par Crassus et César qui les écrase définitivement, et Spartacus est tué, le gladiateur est tué, c’en est fini des révoltes serviles qui reprendront …
Marius Loris

Notre planète, dont on peut percevoir son mouvement circulaire depuis l’espace.
Des chants, répétés, battus au rythme de l’effort du travail dans les plantations de cotons.
Voilà deux motifs parmi d’autres d’Histoire de la révolution, film fiévreux de Maxime Martinot qui récolte, associe, détourne les images possibles, les sons possibles et les compréhensions possibles du mot révolution. Tantôt loin du peuple et près des caméras de surveillances et des satellites tantôt au niveau du bitume, des voitures brûlées et des gilets jaunes, ce film essai tente de traduire le vas-et-vient infini des luttes qui traversent notre histoire. Ce sentiment d’infini est cher au réalisateur. Il est aussi l’objet des Trois contes de Borges, prévu au Spoutnik durant ce cycle. Le film rassemble trois récits fantastiques de Borges mises en son et en images. On y voit s’y monnayer les objets de l’éternité, qui à portée de mains, bouleversent notre rapport au temps, à l’image et au langage. Le titre de ce cycle bataille infinie vient d’ailleurs d’un texte de Borges, qui a également servi à l’émergence d’un autre film, Invasion réalisé par Hugo Santiago en 1969 qui fera écho un soir aux images d’Histoire de la révolution.

Ce cycle est aussi l’occasion de s’interroger sur le rôle du cinéma par rapport aux luttes et aux conflits de notre époque. Ainsi cette séance déjà proposée à La clef (cinéma parisien actuellement occupé) et rendue possible par Léo Richard et le collectif militant Conséquences, dont les films proposés « prennent acte », tentent de réfléchir à ces nouveaux usages, et à l’actualité du plagiat, du détournement et du vol comme pratique politique nécessaire dans le domaine de l’image.

Et pour clore la boucle, une autre approche de l’infini encore, celle de Tremblements, un collectif anonyme accumulant depuis les secousses de Nuit debout jusqu’aux soulèvements jaunes, des morceaux de pellicules insurrectionnelles d’un film qui ne se donne pas de fin.

… et cette ouvrière qui n’est pas content, avec un bureaucrate stalinien,ils ne veulent pas travailler face aux patrons, et pourtant ils retournent dans leur tur, ils vont travailler, et ça continuera, et ça continuera toujours, dans les années 70, et puis en 95 avec les grèves de cheminots, et après le CPE en 2006, on perd à chaque fois, on gagne à chaque fois mais on perd, et puis ensuite, on est en 2018, c’est les gilets jaunes, c’est pas fini les gilets jaunes, on sait pas ce qui se passe, c’est la guerre, c’est la guerre sociale en France, on va voir…
Marius Loris





Bataille infinie

… et puis, ils seront tous massacrés d’ailleurs, c’est le sort des esclaves de l’Antiquité, tous massacrés, et ensuite Spartacus tiens, en 70 avant JC, une grande révolte, des milliers, des pâtres siciliens, des pâtres de campani tous ensemble, ensemble ils marchent sur Rome, et c’est Pompée, et ses légions, Pompée, qui a été aidé par Crassus et César qui les écrase définitivement, et Spartacus est tué, le gladiateur est tué, c’en est fini des révoltes serviles qui reprendront … Marius Loris
 
Notre planète, dont on peut percevoir son mouvement circulaire depuis l’espace. Des chants, répétés, battus au rythme de l’effort du travail dans les plantations de cotons. Voilà deux motifs parmi d’autres d’Histoire de la révolution, film fiévreux de Maxime Martinot qui récolte, associe, détourne les images possibles, les sons possibles et les compréhensions possibles du mot révolution. Tantôt loin du peuple et près des caméras de surveillances et des satellites tantôt au niveau du bitume, des voitures brûlées et des gilets jaunes, ce film essai tente de traduire le vas-et-vient infini des luttes qui traversent notre histoire. Ce sentiment d’infini est cher au réalisateur. Il est aussi l’objet des Trois contes de Borges , prévu au Spoutnik durant ce cycle. Le film rassemble trois récits fantastiques de Borges mises en son et en images. On y voit s’y monnayer les objets de l’éternité, qui à portée de mains, bouleversent notre rapport au temps, à l’image et au langage. Le titre de ce cycle bataille infinie vient d’ailleurs d’un texte de Borges, qui a également servi à l’émergence d’un autre film, Invasion réalisé par Hugo Santiago en 1969 qui fera écho un soir aux images d’Histoire de la révolution.
 
Ce cycle est aussi l’occasion de s’interroger sur le rôle du cinéma par rapport aux luttes et aux conflits de notre époque. Ainsi cette séance déjà proposée à La clef (cinéma parisien actuellement occupé) et rendue possible par Léo Richard et le collectif militant Conséquences, dont les films proposés « prennent acte », tentent de réfléchir à ces nouveaux usages, et à l’actualité du plagiat, du détournement et du vol comme pratique politique nécessaire dans le domaine de l’image.
 
Et pour clore la boucle, une autre approche de l’infini encore, celle de Tremblements, un collectif anonyme accumulant depuis les secousses de Nuit debout jusqu’aux soulèvements jaunes, des morceaux de pellicules insurrectionnelles d’un film qui ne se donne pas de fin.
 
… et cette ouvrière qui n’est pas content, avec un bureaucrate stalinien,ils ne veulent pas travailler face aux patrons, et pourtant ils retournent dans leur tur, ils vont travailler, et ça continuera, et ça continuera toujours, dans les années 70, et puis en 95 avec les grèves de cheminots, et après le CPE en 2006, on perd à chaque fois, on gagne à chaque fois mais on perd, et puis ensuite, on est en 2018, c’est les gilets jaunes, c’est pas fini les gilets jaunes, on sait pas ce qui se passe, c’est la guerre, c’est la guerre sociale en France, on va voir…