POOR FOLK


mer. 26 mars 2014   20H
jeu. 27 mars 2014   20H
ven. 28 mars 2014   20H
sam. 29 mars 2014   20H
dim. 30 mars 2014   18H
dim. 30 mars 2014   20H
lun. 31 mars 2014   20H
mar. 1 avril 2014   20H

Réalisation
Midi Z
Pays
Birmanie
Taïwan
Année
2012
Langue
ST anglais
VO mandarin
VO thaï
Format
DCP
Durée
105'
Cycle

EXPERIMENTAL / TERRITORIES
SORTIE

EXPERIMENTAL / TERRITORIES

Nous semblons dans un autre monde, dans un autre temps, coincés 50 ans en arrière, pourtant ce n’est pas le cas. De la Birmanie (Myanmar), pays à dictature militaire, pays du Triangle d’or, peu de mots sortent, peu de cinéma. Pour sûr. Pas de liberté de la presse non plus. Pourtant, Midi Z, jeune réalisateur birman signe ici son deuxième long métrage. Ses films sont uniques, précieux, d’une simplicité effarante et d’une richesse incroyable.

Trois millions de Birmans vivent illégalement en Thaïlande pour fuir des conditions de vie intolérables, aux mains d’un gouvernement autoritaire qui cherche à détruire sa population, notamment rurale. Des dizaines de milliers de migrants traversent la frontière chaque année pour se rendre à Dagudi, ville de passage du nord de la Thaïlande, vivier de déserteurs, dealers, prostituées et contrebandiers.

Dans POOR FOLK, A-Hong et son acolyte A-fu sont contraints de devenir arnaqueurs dans les rues de Bangkok. Profiter des touristes chinois, vendre des composants bruts d’amphétamines à des organisations souterraines : tout est justifiable pour réunir l’argent qui lui permettra de libérer sa sœur. Celle-ci a été enlevée avec le consentement de sa propre mère et a été livré à un réseau de prostitution. En parallèle, San Mei, sa geôlière, elle aussi prise au piège, attend un visa taïwanais promis depuis des années par ses « employeurs »… Réflexion initiée depuis RETURN TO BURMA (2011) jusqu’à son troisième long-métrage ICE POISON (Berlinale 2014), Midi Z continue à développer cette même thématique : l’amertume de la vie des citoyens d’une partie du tiers-monde. Midi Z témoigne surtout d’une réalité qu’il connaît très bien et à laquelle son entourage est confronté quotidiennement. Rien n’est inventé, tout est pris de bribes du réel, et c’est ce qui rend ce film assez dingue : nous voyons ici ce que nous n’imaginons pas, ce dont on ne parle pas en Occident. Et puis « si un touriste va en Birmanie, il ne le verrait même pas », dixit Midi Z.

POOR FOLK assume une facture ultra-réaliste, aux limites du documentaire. Pourtant, pas de doute, c’est bien une fiction : fine, riche, pudique et évocatrice. Tourné de façon clandestine (sans autorisation), en équipe ultra réduite (sans argent), ce film est une épreuve filmique engagée, qui agit comme dénonciation, comme témoignage, comme travail de mémoire et surtout comme révélateur.

poor folk 2

Midi Z, né en 1982, a grandi en Birmanie, a pu partir étudier le chinois et les arts à Taïwan. Produits par Hou Hsiao-hsien, ses films courts et longs ont été largement sélectionnés dans les festivals de films internationaux.

midi z

EXPERIMENTAL / TERRITORIES

Du mercredi 5 mars au mardi 1 avril 2014

Les territoires ne sont pas toujours que des espaces matériels et géographiques, les territoires peuvent être humains, imaginaires, mais aussi avoir un caractère politique, social, mythique.
Spoutnik propose d’explorer la notion du territoire à travers une sélection de films marquants, obsédants, dérangeants, tous un peu fous et originaux.

Le choix s’est porté sur des films « costauds », hors des standards, avec leurs propres vocabulaires, leurs propres géographies, et dont le point commun est, malgré des réalisateurs d’horizons très très différents : un voyage
hypnotique.

Trip post-apocalyptique au coeur de la centrale de Fukushima pour les films de Philippe Rouy, allers-retours en téléphérique qui amène touristes et locaux népalais au temple de Manakamana (Stephanie Spray+ Pacho Velez),
dérive au coeur de la frontière Birmanie-Thaïlande par des jeunes qui flottent de trafics en trafics chez Midi Z, un homme pour 3 vies en Scandinavie pour Ben Rivers+ Ben Russell.

Expérimentaux, tous ces films le sont. Expérimental, dans quel sens ? Celui d’une démarche claire, radicale, d’un renouveau du langage, des sujets, de la vision, en dehors des produits standardisés. Un cinéma actif qui s’oppose à l’uniformité, à l’image de la vie, multiple et complexe. Un cinéma libre, au plus près de son sujet, remaniant la notion de la distance filmeur-filmé, du cadrage, du dispositif, pour parler autrement de la vie, et en quelque sorte la réinventer. Souvent, c’est simple, original, ça se déploie à l’écran et dans nos corps de spectateurs.


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