4 BÂTIMENTS FACE À LA MER & MACHINE TO MACHINE


mer. 19 mars 2014   20H
jeu. 20 mars 2014   20H
sam. 22 mars 2014   20H
dim. 23 mars 2014   18H
dim. 23 mars 2014   20H
lun. 24 mars 2014   20H

Director
Philippe Rouy
Country
France
Year
2012
Language
VO français
Format
Blu-ray
Duration
47'
Cycle

EXPERIMENTAL / TERRITORIES
MERCREDI 19 EN PRÉSENCE DU RÉALISATEUR

2 volets d’un projet ambitieux et fascinant autour de la situation catastrophique de la centrale nucléaire de Fukushima (gravement endommagée par un séisme le 11 mars 2011), à travers une réappropriation d’images de surveillance accessibles en ligne.

4 BÂTIMENTS FACE À LA MER

4 BATIMENTS FACE A LA MER puise dans le flot continu du plan unique retransmis par une webcam fixe installée en juin 2011 par Tepco, l’exploitant du site. Il compose un triptyque puissant sur la temporalité du désastre, l’invisibilité du danger mortel et l’irresponsabilité touchant à l’absurde de l’attitude des autorités.

Titre digne du minimalisme esthétique nippon, QUATRE BÂTIMENTS FACE À LA MER peut être appréhendé comme une variation autour de l’estampe japonaise, tant le hors-champ est important. Tepco, dans un souci de transparence nous donne à voir le coeur de cette catastrophe en cours, or c’est paradoxalement tous les éléments périphériques qui occupent notre attention : variations climatiques, déambulation fantomatiques des « liquidateurs », le passage d’un renard, d’un vol d’oiseaux…

4 batiments

MACHINE TO MACHINE

MACHINE TO MACHINE plonge au fin fond des entrailles des bâtiments-mêmes en s’emparant des images de robots-filmeurs évoluant dans cet environnement apocalyptique où aucune vie ne semble persister.

Le titre s’annonce comme un programme à part entière : là où l’humain ne peut plus résider, ne reste à notre disposition que le point de vue des machines (drones, robots, grues). La réalité qui s’offre à nous est si incompréhensible et angoissante, qu’elle en vient à n’être assimilable qu’à travers les codes du cinéma expérimental. C’est le travail de montage et de sonorisation (les plans d’origine sont désespérément muets) qui en titre toute la richesse, même si elle est terrifiante.

La fragilité du média (image numérique mise à mal par les radiations et le delay) fait osciller ce que nous percevons entre de magnifiques abstractions (les confettis de pixels colorés toxiques qui tachent l’image, les incohérences optiques qui dissolvent les contours des objets) et des images de destruction terriblement anxiogènes : les structures explosées ressemblent à des tentacules issues d’un manga post-apocalyptique, une salle des machines brumeuse laisse libre court à notre imagination… Un diptyque qui parvient à nous faire prendre conscience du désastre en cours, pas tant en termes matériel, écologique ou humain, mais plus universel, touchant presque à la folie. Vous voyez? Tout va bien.

machine to machine

« Ce qu’on voit sur ces images, c’est une centrale en train d’être plus ou moins réparée, et puis des « liquidateurs » qui font leur travail, qui passent devant le champ de la caméra, avec une indifférence totale (…) Et puis, un mois et demi après l’installation de la caméra, il y a un homme,vêtu d’une combinaison blanche, d’un masque respiratoire, qui va s’approcher de la caméra, et, qui va la pointer du doigt, immobile, sans bouger, sans jamais baisser le doigt, et ce, pendant 25 minutes.

« À partir de là, la communication de Tepco est retournée, puisque ce qui était censé être un outil de transparence, devient un outil de propagande inversée. C’est à dire qu’il y a la possibilité pour quelqu’un de dénoncer ce qui se passe sur le site, l’histoire du nucléaire civil et militaire.  »

– Philippe Rouy

EXPERIMENTAL / TERRITORIES

Du mercredi 5 mars au mardi 1 avril 2014

Les territoires ne sont pas toujours que des espaces matériels et géographiques, les territoires peuvent être humains, imaginaires, mais aussi avoir un caractère politique, social, mythique.
Spoutnik propose d’explorer la notion du territoire à travers une sélection de films marquants, obsédants, dérangeants, tous un peu fous et originaux.

Le choix s’est porté sur des films « costauds », hors des standards, avec leurs propres vocabulaires, leurs propres géographies, et dont le point commun est, malgré des réalisateurs d’horizons très très différents : un voyage
hypnotique.

Trip post-apocalyptique au coeur de la centrale de Fukushima pour les films de Philippe Rouy, allers-retours en téléphérique qui amène touristes et locaux népalais au temple de Manakamana (Stephanie Spray+ Pacho Velez),
dérive au coeur de la frontière Birmanie-Thaïlande par des jeunes qui flottent de trafics en trafics chez Midi Z, un homme pour 3 vies en Scandinavie pour Ben Rivers+ Ben Russell.

Expérimentaux, tous ces films le sont. Expérimental, dans quel sens ? Celui d’une démarche claire, radicale, d’un renouveau du langage, des sujets, de la vision, en dehors des produits standardisés. Un cinéma actif qui s’oppose à l’uniformité, à l’image de la vie, multiple et complexe. Un cinéma libre, au plus près de son sujet, remaniant la notion de la distance filmeur-filmé, du cadrage, du dispositif, pour parler autrement de la vie, et en quelque sorte la réinventer. Souvent, c’est simple, original, ça se déploie à l’écran et dans nos corps de spectateurs.


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