HITCHCOCK-KALIN: THE LEOPOLD-LOEB AFFAIR

Le 21 mai 1924, à Chicago, deux jeunes hommes, Richard Loeb et Nathan Leopold, enlèvent le jeune Bobby Franks, fils d’une riche famille de la ville, l’assassinent, et après avoir rendu le corps méconnaissable et abandonné celui-ci dans une rivière, demandent une rançon aux parents de la victime.

L’affaire, rapidement renommée « le crime du siècle » fait très vite la une des médias et déclenche des réactions sans précédent. Mêlant scandale et fascination, l’affaire «Leopold et Loeb» devient le symbole d’une double transgression sociale. Au tabou du meurtre se mêle celui, implicite, de la relation amoureuse qu’entretiennent les deux hommes qui, l’un s’identifiant à l’Übermensch (surhomme) nietzschéen et l’autre étant fasciné par les comportements criminels, cherchent tout deux à accomplir le « meurtre parfait ».

D’abord étiquetés comme “pervers assassins“, pour être enfin décrits, au terme d’un procès mythologique, comme deux jeunes hommes cultivés dont l’acte se situe au-delà de toute logique, les amants meurtriers deviennent les deux faces d’une même persona, oscillant entre désir et abjection, investie de multiples discours – juridiques, psychiatriques, médiatiques -, et traversée de nombreux fantasmes sociaux.

Cette affaire qui fera l’objet de nombreuses adaptations théâ-trales, cinématographiques et littéraires, donna lieu à deux films devenus cultes que le Spoutnik a le plaisir de vous faire (re)découvrir: La Corde (1948) d’Alfred Hitchcock, et Swoon (1992) de Tom Kalin.




SWOON

DIPTYQUE HITCHCOCK-KALIN: THE LEOPOLD-LOEB AFFAIR


Classé comme l’un des classiques du « New Queer Cinema », Swoon s’intéresse à la relation complexe et intense que partagent Richard Loeb et Nathan Leopold plutôt qu’à leur volonté de puissance, matérialisée à travers la recherche et l’accomplissement du “meurtre parfait“.

LA CORDE

DIPTYQUE HITCHCOCK-KALIN: THE LEOPOLD-LOEB AFFAIR


Le film s’ouvre sur un cri, le dernier souffle d’un homme, étranglé par deux de ses camarades de classe, dans un appartement sous les toits de New York. Dans le but de pousser encore plus loin leur recherche de sensations fortes, les deux meurtriers décident de cacher le corps dans une malle sur laquelle ils dressent la table d’un dîner auquel ils convient des ami·e·s et proches de la victime.