Cinq films de Véronique Goël

« Les films de Véronique Goël sont comme des tranches de mémoire taillées dans un langage cinématographique solide. Entre les lignes de ce langage, sa lucidité se déploie en agrandissements successifs qui se remplissent de la simplicité complexe de son propre vécu. Confrontant hommes et actions, hommes et espace et plus que tout, hommes et hommes (ces hommes dont l’existence même semble remettre en question celle des autres), Véronique aborde dans ses films beaucoup de questions qui nous troublent. Les films cernent ces moments auxquels nous sommes sensibles (ceux que l’on a tendance à oublier ou que l’on refuse presque de voir). Ils s’emparent de ces fragments de vie avec une intense préoccupation, permettant au spectateur de ressentir la force des émotions qu’ils recouvrent, et cherchent à pénétrer ces éléments de signification que trop souvent nous voulons ignorer. C’est dans ces moments-là que les films atteignent leur niveau d’expression le plus élevé et le plus émouvant, le niveau où le non-dit se révèle, devient l’echo silencieux entre conscience et inconscience – lieu de nombreuses interrogations dont les réponses sont piégées dans les contre-forts de la mémoire. Les voix surgissent en murmures éclatants, à la recherche d’une pertinence que les mots ne peuvent plus décrire mais que les images rendent immensément cohérente. Des images maîtrisées avec une telle précision qu’elles seules semblent douées de parole. Comme si la simplicité des structures filmiques devenait l’unique rempart contre les larmes insaisissables qu’elles contiennent, résonnances d’un cri retentissant, qui, comme de la poésie pure, reste en nous pour longtemps. »
Stephen Dwoskin

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Caprices

5 films de Véronique Goël


Caprices, moyen métrage de la genevoise Véronique Goël, s’élabore dans une interaction image-son très poussée autour du violoncelliste Alexander Balanescu – virtuose ancien membre du Quatuor Arditi – et la musique du compositeur contemporain Salvatore Sciarrino.

Allegro – Caprices

5 films de Véronique Goël


Entre les mots – le texte (littéraire) et les choses qui apparaissent et disparaissent (paysage, nature, architecture) – des mots qui jamais ne se figent en images cinématographiques ; entre ces mots se développent des espaces, ceux de l’invisible et de l’imaginaire. Allegro, c’est de l’anti-cinéma, au meilleur sens du terme. L’opposition rigoureuse du courant du texte et de celui de l’image, le fait de s’en tenir à ces deux niveaux sans aucun compromis font que le film va au-delà de la simple cinématographie ; il ouvre une dimension nouvelle : celle de ce qui ne peut se traduire en images, de ce qui ne peut pas être dit.